Par AP.
Le 22/02/2026
Réalisée à l’encre à la plume sur papier, cette œuvre s’inspire des univers imaginaires et des dispositifs scéniques des films de Georges Méliès, dont le cinéma me paraît profondément théâtral. J’ai conçu l’image comme un plateau frontal, un décor assumé, où l’illusion est visible et revendiquée.
La composition fonctionne comme un photogramme d’un film inexistant. Elle capture une réalité fabriquée : le personnage est mort depuis plus d’un siècle, la lune vivante n’existe pas, et pourtant l’image se présente comme un document d’époque. Elle interroge la persistance des images et leur pouvoir de transformer la fiction en trace.
Le choix de la graphie est essentiel. La ligne construit l’espace avec précision et révèle l’architecture du décor. Le noir et blanc évoque l’archive et les débuts du cinéma, tout en renforçant la frontalité de la scène. Là où la peinture pourrait créer une illusion, le dessin affirme la fabrication de l’image : chaque trait rappelle que ce monde est construit, imaginé, mais offert comme mémoire visuelle.