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BIOGRAPHIE

Je m’appelle Alisa Silenok, j’ai 23 ans.


Ma pratique artistique s’inscrit dans une recherche essentiellement formelle, où la ligne prime sur la couleur et où l’esthétisme de la structure devient le véritable sujet. Mes principales sources d’inspiration sont Marc Chagall et Henri Matisse : chez le premier, je retrouve cette liberté poétique qui permet aux figures de s’affranchir de la pesanteur ; chez le second, une rigueur et une clarté formelle qui tendent vers l’essentiel. Comme l’affirmait Matisse : « Ce que je poursuis avant tout, c’est l’expression. » Cette quête de synthèse guide également mon travail.


Je travaille principalement à la plume et à l’encre, dans une économie volontaire de moyens. L’absence de couleur n’est pas un manque, mais un choix : elle me permet de concentrer l’attention sur la tension des lignes, la respiration des vides et l’équilibre des masses. La plume devient un outil d’unification — elle relie les corps aux paysages, les personnages aux espaces qu’ils habitent, créant une continuité fluide entre figure et décor. La ligne n’entoure pas seulement la forme : elle la construit, la pense, la stabilise.


Mon œuvre explore le corps féminin et la sexualité, non dans une perspective décorative, mais comme terrain d’étude plastique. Le corps devient architecture, rythme, courbe, surface. Je cherche à en affiner sans cesse la structure, à en améliorer la cohérence formelle, dans une dynamique d’épuration progressive. Le minimalisme est au cœur de ma démarche : réduire pour intensifier, simplifier pour révéler.


Les scènes que je représente sont volontairement simples — un dîner, l’attente d’un partenaire dans un café, un geste anodin comme le vol de fruits. Cependant, ces situations quotidiennes ne sont que des prétextes à une exploration plus profonde de la composition. Le banal devient champ d’expérimentation visuelle : comment une courbe dialogue-t-elle avec une verticale ? Comment un vide renforce-t-il la présence d’un corps ? Comment la répétition d’un motif structure-t-elle l’espace ?


Ainsi, le sens narratif demeure discret, presque secondaire. L’essentiel réside dans l’organisation des formes, dans la recherche d’un idéal plastique où chaque ligne trouve sa nécessité. Mon travail interroge moins l’histoire racontée que la manière dont elle se déploie visuellement. En ce sens, il s’agit d’une pratique méditative : une investigation continue de la forme, de son autonomie et de sa capacité à contenir, en silence, toute la densité du réel.